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Contenu édité le 23/07/2019 à 15:06:30







RÉDUIRE LA POLLUTION LUMINEUSE ET SES EFFETS


> Principe général sur l'éclairage artificiel



La pollution lumineuse : une pollution que l’on sait stopper et que l’on sait résorber


Du fait des caractéristiques de la lumière, la pollution lumineuse peut être à la fois stoppée et résorbée :

- stoppée car l’extinction des sources de lumière artificielle arrête instantanément l’émission nouvelle de pollution,

- résorbée car la lumière émise, du fait de son comportement ondulatoire, se dissipe dans l’espace et ne reste donc pas une pollution locale. Il se peut cependant qu’il y ait une certaine inertie vis-à-vis de l’effet halo décrit précédemment, le temps que les particules de lumière quittent l’atmosphère.

Le fait que la pollution lumineuse soit réversible est un atout réel, car ce n’est pas le cas de toutes les pollutions. Par exemple, concernant la pollution des sols aux métaux lourds, si l’on sait stopper l’émission de nouvelle pollution, on ne sait pas aujourd’hui supprimer la pollution déjà émise. Tout au plus est-il possible de retirer la terre polluée ou de recourir à certaines plantes qui permettent de stocker les métaux mais au final la pollution se retrouve simplement concentrée et/ou déplacée mais non résorbée.

Néanmoins, malgré le caractère réversible de la pollution lumineuse elle-même, les conséquences qu’aura pu avoir cette pollution ne sont pas, elles, nécessairement réversibles. Il se peut en effet que la modification des écosystèmes sous l’effet de la pollution lumineuse (disparition d’espèces lucifuges par exemple) ne soit pas immédiatement réparée après une extinction, si tant est même qu’un retour à l’état initial soit possible.



Réfléchir désormais à l’opportunité même d’éclairer


On constate ainsi que d’éteindre les sources existantes et de ne pas allumer de nouvelles sources constituent l’acte le plus efficace pour à la fois stopper et résorber la pollution lumineuse.

Pourtant, il est probable que la suppression totale de tous les éclairages ne sera pas l'option choisie par l’humanité car de fait la lumière artificielle la nuit est une réponse à une envie et à un besoin des humains, biologiquement diurnes, de prolonger leur activité sur la période nocturne. Cette capacité à produire artificiellement de la lumière a indéniablement contribué au développement de notre espèce et à son émancipation.

L’avenir se trouve donc sans doute plutôt dans la maitrise de cet éclairage artificiel. Tout en conservant de l’éclairage artificiel, une marge de manœuvre très importante existe en effet sans perte de confort, y compris dans certains cas en retirant tout simplement des points lumineux dont on aura réalisé qu’ils sont superflus ou en pratiquant des extinctions totales à des moments où l'éclairage s'avère inutile.

Un questionnement sur l’opportunité même d’éclairer, à la fois en amont des nouveaux projets mais aussi concernant l’existant, doit donc désormais se poser systématiquement, pour le parc public comme privé, même pour un particulier concernant son jardin ou son entrée de garage :

Cet éclairage est-il « utile » ? A-t-on besoin de toute cette lumière ?